Le golfe de Naples et l'île d'Ischia
Anthologie des voyageurs


Audot
L'Italie, la Sicilie, les Iles Eoliennes, l'Ile d'Elbe, la Sardaigne... Paris, Audot Fils, 1834-1837

- “.. je résolus d’aller à Ischia, qui est aujourd’hui pour Naples ce que Baia était pour les Anciens, le rendez-vous de la bonne société pour ses bains d’eaux minérales”. -

- “En 1440, Alphonse d’Aragon en chassa tous les habitans mâles, et les remplaça par des Espagnols et des Catalans de son armée, auxquels il fit épouser les veuves et les filles des Ischiotes expulsés”. -

- “Elle (Ischia) peut être regardée comme un immense vignoble; ses fruits sont exquis, et ses figues ont été vantées par Horace... et ses habitans sont spirituels et industrieux”. -

L’Epomée - “Descendus de nos paisibles montures, un bon anachorète nous reçoit à la porte de son ermitage; il nous conduit par un corridor obscur sur une petite terrasse ouverte et située au bord d’un précipice. Il est impossible d’éprouver une sensation plus vive, et une plus agréable surprise que celle que nous cause la nouveauté de la scène qui se présente à nos regards... Notre vue embrasse le territoire de Casamice, d’Ischia, de Lacco, de Foria, et des petits villages et hameaux semés sur la montagne même. L’île entière, vue de ce sommet, ressemble à une miniature, et présente les couleurs les plus brillantes et les teintes les plus harmonieuses. L’ermitage est entièrement taillé dans le roc, à l’exception de la seule façade de la chapelle qui est en maçonnerie. Le petit sanctuaire conserve sa simplicité primitive, malgré sa renommée de pèlerinage qui y attire toujours un concours très-nombreux. Le paisible habitant de cet antre mène une vie contemplative dans cette retraite la plus propre à nourrir les sentimens les plus purs, il y est pour ainsi dire placé entre le ciel et la terre”.

Casamicciola - “C’est ici que l’on afflue de tous les points du royaume, et que se trouve réunie toute la bonne société. Nous visitâmes en détail l’établissement des bains publics, où règnent une propreté et un ordre exemplaire, et où trois cents pauvres malades viennent chaque année se faire guérir aux frais de l’hôpital de Naples. Ces malheureux commencent par les bains, puis on les plonge dans le sable qui, même sous l’eau, conserve une chaleur brûlante”. -